Desirs de ...
Mon corps hurle. J’ai l’impression qu’une bête sauvage est tapie tout au fond de moi. Elle se réveille par à-coups, sans prévenir et tente de se frayer une porte de sortie pour exister au-delà de moi-même. Je sens chaque parcelle de ma peau cogner vers l’extérieur, surtout au niveau du ventre. D’abord à cet endroit, puis les mains, les jambes. J’ai envie de donner des coups de pied pour m’en débarrasser. La sensation se fait d’abord fourmillement, puis elle commence à se mettre en branle rapidement. Enervement, irritation, frustration, manque, trop ? Un subtil mélange explosif de désirs et de contraintes, de retenue. Puis, l’absence. Qui dure. Absence de contrôle, de maîtrise de soi. Alors il faut écrire pour redevenir présent, pour se débarrasser de ce corps étranger que mon immunité ne parvient toujours pas à repousser correctement. Moments d’hésitation, de soulagements, d’espoirs. Alors tout rentre dans l’ordre. Soupirs, respiration contrôlée. Seule reste une certaine chaleur latente, après cette poussée d’activité interne involontaire. Retour à la sieste donc.