Résultat autopsie

Publié le par Famafrika

L'autopsie de Abou Dia, mort mercredi dernier dans les locaux du commissariat de police de Matam, a conclu à un «suicide par pendaison». Ce que conteste la famille du défunt qui parle de «rumeurs» et exige une contre-autopsie.



DECES DE ABOU DIA DANS LES LOCAUX DE LA POLICE DE MATAM: L'autopsie conclut à un «suicide par pendaison», la famille conteste et exige une contre-autopsie
Le 18 novembre dernier, Abdou Dia, mécani­cien âgé de 44 ans, rendait l'âme dans les locaux du commissariat de police de Matam, alors qu'il avait été placé en garde-à-vue. Pour déterminer les causes exactes de son décès, son corps avait été acheminé à Dakar pour autopsie. Une expertise effectuée par le professeur Gisèle Woto Gaye de l'hôpital A. Le Dantec, qui a livré samedi dernier ses conclusions, mises à la disposition du procureur de la République. A en croire des sources proches du dossier, le rapport établit que feu Abou Dia est décédé des suites d'un suicide par pendaison, réussi à l'aide de son «geno» (ndlr : ceinture). Un diagnostic qui fait suite à celui déjà établi par le médecin légiste de l'hôpital de Matam, qui avait conclu que «la victime était ivre» et qu'il avait décelé «une présence d'alcool dans les poumons et les viscères».

Du côté de la police de Matam où une enquête interne avait été ouverte pour élucider ce drame, l'on précise que Abou Dia n'avait pas été interpellé au cours d'une opération de sécurisation, mais «à son domicile, à la demande de sa famille, parce que ivre, il perturbait». Poursuivant, nos sources soutiennent que «la victime est connue de leurs services, pour avoir, à plusieurs reprises, eu maille à partir avec la police, pour ivresse publique».

Des affirmations que conteste la famille de Abou Dia, au point de refuser de réceptionner le certificat de genre de mort. Selon l'un d'eux, qui a requis l'anonymat, la version du «suicide par pendaison» n'est qu'une «rumeur» distillée par la police, qui tente de couvrir ses éléments. Seulement, notre interlocuteur confirme que la police était effectivement venue cueillir Abou Dia à la demande de la famille. Pour autant, il martèle : «Suicide ou pas, cela n'enlève en rien le fait qu'il est entré vivant à la police et il en est ressorti mort. C'est la responsabilité de la police et c'est ce qui est important». Notre interlocuteur, confirmant que «la tante de Abou Dia a effectivement refusé de prendre le certificat de genre de mort», a confié : «Nous ne croyons pas à cette version parce qu'il y a des rumeurs qui disent qu'il a été frappé par trois individus». C'est pourquoi, dit-il, «avec l'aide de l'Organisation nationale des droits de l'homme (Ondh), nous allons demander une contre-autopsie».

Bachir Fofana
Source Le Populaire

Publié dans Abou Dia

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article